Psychologue, psychopraticien, coach : quelles différences ?

Il arrive, dans les moments difficiles, que nous ressentions le besoin de recourir à un soutien professionnel pour nous aider à traverser une période de mal-être. Ce mal-être peut se manifester par des idées sombres, des somatisations comme des vomissements, des pleurs fréquents, un repli sur soi, ou encore une perte d’envie. Face à ces signes, il peut être essentiel de trouver un accompagnement adapté. Cependant, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver parmi les nombreuses appellations et pratiques proposées.

Pour faire un choix éclairé et bénéficier d’un accompagnement adapté, il est essentiel de savoir distinguer les psychologues des autres praticiens

L’accompagnement psychologique par un psychologue

Le titre de psychologue est protégé par la loi. Seules les personnes ayant suivi une formation universitaire de 5 années minimum en psychologie peuvent porter ce titre. De plus, les psychologues doivent être inscrits au Répertoire Partagé des Professionnels de Santé (RPPS), qui remplace progressivement l’ancien système ADELI. Ce répertoire permet de vérifier les qualifications d’un professionnel et de s’assurer qu’il est bien psychologue.

Les psychologues sont formés à l’entretien, l’évaluation clinique, au diagnostic. En outre, les psychologues sont tenus de respecter le code de déontologie des psychologues, garantissant la confidentialité, le respect de la personne et de sa dimension psychique, et posant un cadre sécurisant pour le patient. Ce cadre déontologique est essentiel pour établir une relation de confiance et offrir un accompagnement responsable et éthique.

La pluralité des approches thérapeutiques et l’importance de la relation thérapeutique

Comme le souligne Bessel van der Kolk, psychiatre dans son ouvrage « Le Corps n’oublie rien » (2014) de nombreuses approches thérapeutiques peuvent répondre aux besoins variés des patients et chacune peut apporter des changements profonds. Que ce soient l’approche psychanalytique, l’approche systémique, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), chaque méthode possède ses spécificités et ses indications.

L’alliance thérapeutique, c’est-à-dire le lien entre le professionnel et le patient, joue un rôle fondamental dans la réussite d’une thérapie.

Attention aux autres praticiens : thérapeutes, coachs et psychopraticiens

Il existe également des personnes s’autoproclamant thérapeutes, coachs, ou « psychopraticiens » et offrant des accompagnements psychologiques. Contrairement aux psychologues et aux psychothérapeutes — dont les titres sont légalement protégés et impliquent une formation validée —, ces « professionnels « pseudos-thérapeutes » n’ont pas suivi de formation reconnue par l’État.

Ces praticiens peuvent utiliser des techniques issues de différents courants tels que le développement personnel ou l’hypnose, mais leurs pratiques ne sont pas reconnues par les autorités de santé. Il est donc essentiel de rester vigilant et de bien s’informer avant de s’engager dans une démarche thérapeutique auprès de ces professionnels.

Risques et ressources pour s’orienter

S’engager dans une démarche thérapeutique peut représenter un coût financier et un investissement personnel important. Un mauvais choix de praticien peut entraîner des manipulations psychologiques, c’est-à-dire l’utilisation de techniques visant à influencer ou contrôler les pensées et comportements d’une personne à son insu, souvent dans le but de servir les intérêts du manipulateur. Cela peut également mener à une dépendance émotionnelle, où le patient devient excessivement attaché au praticien, ne parvenant plus à prendre des décisions par lui-même sans l’approbation ou le soutien émotionnel de celui-ci. Enfin, cela peut conduire à des abus financiers, lorsque le praticien tire un avantage économique en facturant des services excessifs ou non nécessaires, exploitant la vulnérabilité du patient. Il est donc crucial de vérifier que le professionnel est bien qualifié et que la méthode proposée est adaptée et reconnue.

Pour vous aider à vous repérer : 

  • la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) est un organisme qui surveille les pratiques pouvant conduire à des abus, notamment dans le domaine de la santé
  • Le répertoire RPPS (Répertoire partagé des professionnels de santé) : fichier qui référence les professionnels qui interviennent dans le système de santé

Autrice : Morgane FUENTES, psychologue

24/10/24