Des yeux qui bougent et qui travaillent ensemble
Pour lire et calculer, nos yeux doivent bouger de manière précise et fluide. Ils doivent pouvoir fixer les lettres et les chiffres, les explorer rapidement et ensuite revenir au début de la ligne.
Le cerveau reçoit ensuite les informations envoyées par les yeux et les utilise pour comprendre ce qu’on lit ou calcule.
Parfois, il arrive que les yeux et le cerveau ne soient pas bien synchronisés. Cela peut créer des difficultés pour apprendre à lire et à calculer.
Nous ne pouvons donc pas apprendre à lire ou à calculer si nous ne sommes pas capables, inconsciemment, de planifier nos mouvements et de diriger correctement notre regard.
On retrouve, chez des enfants présentant des troubles d’apprentissages scolaires, tels que la dyslexie ou la dyspraxie, ce qu’on appelle une immaturité visuelle ou troubles neurovisuels.
Ces troubles sont presque toujours méconnus parce que « masqués ». En effet, l’enfant « peut bien y voir ». Pour autant, ils sont à l’origine de difficultés d’apprentissage variées et plus ou moins sévères.
Caroline Ferrié, orthoptiste à la maison de santé pluriprofessionnelle du Sor vous en dit un peu plus sur ce sujet méconnu.
Des signes qui peuvent faire penser à des troubles neurovisuels :
- Difficultés d’attention, enfant rêveur
- Lenteur, fatigabilité
- Maladresse
- Mauvaise posture lors de la lecture
- Fatigue visuelle, maux de tête
- Enfant plus à l’aise à l’oral qu’à l’écrit
- Retard en graphisme
- Difficultés de repérage au tableau ou sur la feuille
- Difficultés de copie
- Difficultés en lecture : saut de mots, de ligne, difficulté de compréhension
- Dyscalculie, difficultés en géométrie
Les signes que le bilan visuel peut identifier lors d’immaturité visuelle
- Les yeux ne suivent pas les objets en mouvement de manière fluide
- Les yeux ont du mal à rester fixés sur un point précis
- Les mouvements rapides des yeux sont saccadés et imprécis
- Les yeux ne parviennent pas à se coordonner pour regarder un objet proche
- La tête bouge pour aider les yeux à voir
- Les mouvements des mains et des bras sont mal coordonnés avec les yeux
Les conséquences des trouble neurovisuels
- Une mauvaise coordination œil-main, un geste imprécis entrainant des difficultés en écriture
- Un repérage visuel désorganisé, non linéaire
- Une vitesse limitée de traitement de l’information visuelle entrainant une lenteur
- Une baisse des capacités d’attention visuelle, et donc des confusions, des omissions, des inversions…
- Des difficultés de repérage spatial entrainant des difficultés en écriture, en géométrie, en dénombrement…
On retrouve également, dans le cas de dyslexies, un empan visuel (nombre d’éléments que l’on arrive à mémoriser en un coup d’œil) très limité et une mémoire visuelle faible.
Le but de la rééducation neurovisuelle
C’est donc de réaffirmer le contenu visuel, notamment via :
- Amélioration de l’outil oculomoteur, renforcement musculaire
- Travail de la fusion
- Prise de conscience des capacités visuelles
- Coordination des gestes et du regard
- Apprentissage de balayage visuel
- Apprentissage de la rapidité visuelle
- Assimilation de stratégies de repérage observation
- Amélioration de la mémorisation visuelle
- Correction de la posture et mise en place d’aides techniques
Comment se passe le suivi dans le cadre d’une rééducation neurovisuelle
On pratique des séries de 10 à 20 séances avec entre chaque série, une pause de quelques mois. Les séances sont remboursées à 100% (60% sécurité sociale et 40% mutuelle).
La période idéale de dépistage est située de la grande section de maternelle au CE1.
À savoir : la rééducation ne peut être menée à bien que si elle est réalisée de manière régulière, au sein d’une équipe pluridisciplinaire en étroite collaboration avec la famille et l’école.
Rédaction : Caroline FERRIÉ, orthoptiste (lien vers la page orthoptiste)
Mars 2024
